Double peine (charlie Hebdo) 25 juin

Publié le par croco



                Le commentaire du croco

Et ainsi est galvaudé le mot otage par des journalistes de tous bords et autres  crétins profonds qui se lamentent sur un quai de gare ou dans un aéroport parce qu'ils sont otages d'une grève. J'ai honte pour ces gens-là et ma colère est toujours aussi violente en voyant qu'on banalise ce mot terrible. Encore une fois je vais me répéter (lire sur ce blog: Crevez la gueule ouverte!), mais comment vous faire comprendre, bandes de connards! qu'Ingrid Betancourt (si elle n'est pas morte) est en train de crever au fin fond d'une jungle colombienne?* Comment vous faire comprendre la douleur physique et morale d'un otage à qui on coupe un doigt? Comment vous faire comprendre la détresse de centaines d'otages éparpillés aux quatre coins du monde? Je connais un gars qui s'est fait braquer chez lui, il m'a raconté qu'il y avait un revolver pointé sur sa tempe et qu'il s'est pissé dessus. Allez lui dire que vous avez été otages d'une grève!
Tout ce que je peux vous souhaiter, c'est d'aller crever la gueule ouverte dans une jungle de Colombie. Et ça, je le pense sincèrement.
Mais venons en à nos PPDA du sport, ces foireux sans vocabulaire, comme le dit si bien Charb.
Tout d'abord, ils se disent: Journalistes sportifs. Et mon cul! c'est du poulet? À part deux ou trois asperges  ensablées comme Jean Mimi, les avez-vous vu piquer un cent mètres ou battre un quelconque record? Part contre, pour lever le coude et déblatérer des conneries… Il y a intérêt à se munir d'un sacré chronomètre de précision pour pouvoir les départager!
Ça doit bien faire une bonne vingtaine d'années qu'ils parlent des nordistes pour désigner des joueurs de baballe du nord de la France.
Quand j'ouvre mon vieux dico à la page "nordiste", je ne vois pas d'habitants du nord, mais des couillons qui se sont foutus sur la gueule au cours de la guerre de Sécession. Part contre, quand on ouvre un dictionnaire récent, on peut lire pour nordiste: Habitants du nord de la France. Mais! dans ces mêmes dicos, quand on ouvre la page des suffixes iste ou isme, on lit à peut près ceci: Isme désigne une doctrine (socialisme), une profession (journalisme). Iste, désigne une personne professant une doctrine (extrémiste), pratiquant une activité ou une profession (violoniste). Donc, j'en conclus qu'on ne peut pas utiliser le suffixe iste, pour désigner un habitant du nord de la France ou d'un pays du Nord dont les habitants sont des Nordiques.
Mais que s'est-il passé dans la tête de ces vieilles ganaches qui éditent les dictionnaires?
Ces légumes se sont tout bonnement laissés bouffer ce qui leur restait de cervelle par cette hégémonie (et je pèse mes mots) journalistique sportive. Pas étonnant quand on entend de plus en plus souvent des journalistes "intelligents" (Marie Drucker, par exemple, hé hé. Lire sur ce blog: FR 3 voyeurisme) se fourvoyer dans la connerie et l'inculture en perpétuelle expansion du journaliste sportif (en reprenant les mots de Charb).
Heureusement, il y a encore des énergumènes (et pas des moindres) qui font de la résistance. Prenons Le petit Robert… Bien, y voyez-vous un nordiste au nord de la France? non. Mais ce dico est en partie dirigé par Alain Rey. Le problème, c'est que ce monsieur est maintenant bien âgé et quand il ira voir ailleurs si les cons restent frais, ce n'est pas une bibliothèque qui disparaîtra, mais une arme formidable qui m'aura aidé (et à bien d'autres aussi), à comprendre (même quand je m'emporte et que je suis parfois brut de décoffrage), que la linguistique est plus forte que la violence physique. Tiens! ça me fait penser à un film: Une petite culotte pour l'été ou, la dialectique peut-elle casser des briques? Je suis allé voir ce film dans les années 1974 ou 75. Je me souviens d'une scène cocasse: Dans une classe de lycée, une fille assise à son pupitre se met à uriner. Un des garçons de cette classe rétorque -<<C'est de l'eau de Clavel>>. Amusant non? Comment! ça ne vous fait pas rire? Bonjour le four.
Mais je m'égare et j'en oublie les PPDA du sport (j'aime bien ce terme pour désigner ces journalistes à la rhétorique pour le moins douteuse). Donc, parmi ces affreux il y en un que je déteste particulièrement, c'est Jean François Rhein, spécialiste de la bicyclette. Il y a quelques années, alors que le scandale sur le dopage faisait rage, le désespoir de notre Richard Virenque national était tel qu'il s'est emporté en désignant les journalistes comme des vautours, ou quelque chose comme ça.
L'autre zozo de Rhein, touché dans son for intérieur (comme s'il en avait un) et excité comme un Sevran devant la bite d'un noir, l'a descendu en racontant que les journalistes faisaient leur travail et qu'il n'avait qu'à s'en prendre à lui-même… Les faits remontant assez loin, j'en oublie pas mal, mais je garde le souvenir d'un type qui s'est comporté de manière dégueulasse envers un pauvre bougre au bord des larmes. Odieux et hypocrite personnage qui sait comme tous ses confrères que le dopage a toujours existé et qu'il existera toujours. Mais le feu d'artifice était lancé et l'occasion de la ramener et de se faire valoir était trop belle. Et tant pis pour ces sportifs (on aime ou pas, mais là n'est pas la question), qui donnent tout ce qu'ils ont dans les tripes pour nous offrir un beau spectacle. Je ne suis pas un fana du sport, je dirai même que le sport m'emmerde au plus haut point. Mais pendant le Tour de France, il m'arrive d'allumer la télé pour regarder les étapes de montagne. Et je vois des types m'offrir un spectacle magistral.
Alors qu'on leur fiche la paix!
Il y a aussi un autre affreux jojo que je n'ai pas cité, c'est Jacques Vendroux, le spécialiste de la baballe.
Lui, dans le genre hypocrite on peut dire qu'il tient le pompon.
Dans les années 1990, Je l'ai entendu dire exactement ceci (à la virgule près): <<Si je dévoile tout ce que je sais sur le foot, il n'y aura plus de foot ball>>.
Patate! Si tu avais dévoilé tout ce que tu sais sur ce sport à la con, ce sport serait peut-être devenu moins malsain, non?
Au fait! savez-vous où on entend parler ces deux gugus? sur France Inter! Vous savez, la radio pas comme les autres qui nous balance des spots prétentieux tels que: <<France Inteeeer… écoutez la différence>>. Il y a des fois où je regrette de ne pas écouter RTL… Mais! Aïe! arrête de me battre! je disais ça pour déconner.
Mais bon, j'arrête de parler de ces fâcheux, ça fait monter ma tension et mon vieux Mac fait des siennes.
Cependant, je vais parler un peu de cette médiocrité de plus en plus envahissante.
Au cours d'une discussion avec des potes (dont certains sont musiciens, designers et autres…), j'ai ramené ma fraise en disant qu'il y en avait marre de cette médiocrité, qu'il n'y avait plus vraiment de création et que les artistes, que ce soit dans le théâtre, le cinéma ou la musique, pédalaient un peu dans la semoule. Ô boudiou! qu'est-ce que j'avais pas dit là. Et bien sûr, comme dab, je me fais remonter les bretelles dans le genre: Arrête tes conneries! d'abord tu extrapoles! tu généralises! et puis de quel droit et sur quels critères te permets-tu de dire ça? Enfin bref, j'en prends plein la gueule et comme je le disais dans un article sur ce blog (Remise à l'heure), ma rhétorique orale n'étant pas très affûtée, je m'écrase et je laisse passer l'orage. Mais bon, laissons l'art de côté. Il est vrai que s'attaquer au monde artistique, c'est un vaste problème et en dehors de ma sensibilité, je n'ai pas les reins assez solides pour distribuer des baffes dans ce milieu sans avoir des retours de manivelles plutôt fulgurants.
Mais il y a cette autre médiocrité, cette pauvreté intellectuelle, omniprésente, bien poisseuse comme celle des médias. La preuve? elle est là, juste au-dessus. Ce sont les PPDA (l'original et les autres), les Vendroux, les Rhein, les Drucker Marie et j'en passe.
Alors hein!… ayez l'intelligence de ne pas me demander sur quels critères je me suis basé pour écrire ce pamphlet, non mais sans blague! Ce serait trop facile de me casser du bois sur le dos en sachant que j'ai quitté l'école  à treize ans et demi. Allez donc voir Charb, mais j'vous raconte pas la branlée que vous allez prendre si vous le titillez un peu trop, hé hé hé.
Et puis non! j'ai pas fini! laissez-moi en rajouter une tartine.
Dans les années 50 (du vingtième siècle bien sûr! y en a, vraiment…), j'habitais une petite rue de Paris, près de la Place de la République, la "Cité Riverain", entre la rue René Boulanger et la rue du Château d'eau. Ma mère était ritale, de Bercetto, dans la Province de Parme. À l'âge de treize ans elle s'est retrouvée dans la "zone", Porte de Bagnolet et ne pipait pas un mot de français. Deux ans plus tard elle avait son certif avec mention, pas mal non?
Mais voilà où je voulais en venir. Dans cette petite rue de Paris, les habitants étaient pour la plupart, des ouvriers maçons, plombiers, chiffonniers, manœuvres… Les femmes se contentaient de torcher le cul des mômes, faire des ménages, bosser dans des laveries. Et les plus "chanceuses" comme ma mère se retrouvaient dans des pools de dactylo. Je ne vous raconte pas l'enfer, imaginez une grande pièce avec cinquante, voir cent femmes, taper frénétiquement sur les touches d'une Remington.
Mais ces gens, la plèbe dans le sens noble du terme, lisaient. D'accord, ces gens lisaient France Soir, mais ils savaient lire, et écrire aussi. Ils avaient des opinions et des idées sur beaucoup de choses. Ils parlaient théâtre et cinéma. Ils citaient des Jean Delannoy, des Laurent Terzief, des Marcel Bluwal, la famille Pitoëff et bien d'autres. Et pourtant il n'y avait pas cette information dont nous sommes submergés, la télé était inexistante dans cette rue (et beaucoup trop chère). Oui mais voilà, nos vieux ne restaient pas plantés comme des asperges à se laisser décérébrer par une télé de merde.
Sans commentaires et vaffà n'culo!

*C'est avec une grande joie que j'apprends ce mercredi 2 juillet, la libération d'Ingrid Betancourt.

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Publié dans Revue de presse

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